Reza-Babylone

J’ai reçu ce livre pour mon anniversaire. C’est une de mes filles qui me l’a offert parce qu’elle sait que j’avais beaucoup aimé une oeuvre du même auteur : sa pièce de théâtre Art.

Babylone est un roman écrit à la première personne. La narratrice, Elisabeth, est une femme d’une cinquantaine d’années qui exerce le métier d’ingénieur à l’institut Pasteur. Elle est mariée à Pierre et a un fils jeune adulte qui vit de manière autonome.

« Pierre est gai, facile à vivre. Pas bavard, je n’aime pas les hommes bavards. Il est à ma disposition sans être un mou et un asservi. Il est tendre. J’aime sa peau. On se connaît par cœur. Je lui reproche son amour trop inconditionnel. Il ne me met pas en danger. Il ne me magnifie pas. Il m’aime même laide ce qui n’est pas du tout rassurant. Il n’y a pas d’électricité entre nous, y en a-t-il eu jamais ? Quel inventaire pitoyable ! »

Elle habite dans un appartement et croise régulièrement son voisin du dessus, Jean-Lino Manoscrivi, homme d’origine italienne marié à Lydie. Cet homme semble assez solitaire et lorsqu’il fume sa cigarette au pied de l’immeuble, il lui arrive régulièrement de converser avec Elisabeth. Ils parlent de tout et de rien, de leur enfance plutôt difficile et développent ainsi des liens d’amitié.

Un jour, Elisabeth a une idée surprenante pour une femme qui mène une vie assez routinière : elle décide d’inviter ses voisins, sa sœur, des collègues pour une petite fête chez elle. Et cette sauterie va faire basculer la vie tranquille de plusieurs personnages.

J’ai trouvé que ce roman était essentiellement un livre sur la difficulté à communiquer, ce qui explique sans doute en partie le titre. L’immeuble où se déroule toute l’histoire n’est pas la tour de Babel, mais on s’aperçoit que Lydie ne comprend pas Jean-Lino et inversement. Jean-Lino a du mal à communiquer, notamment avec Rémi, le petit-fils de sa femme dont il voudrait pourtant se faire aimer. Même les policiers ou l’avocat qui viendront procéder à des interrogatoires, ne comprennent pas qu’il puisse exister une amitié sans ambiguïté entre un homme et une femme.

« Le langage ne traduit que l’empêchement de s’exprimer. On le ressent plus ou moins en temps normal et on s’en arrange. »

Cette difficulté à communiquer est renforcée par le style de l’auteur qui mêle des éléments très différents au sein d’un même paragraphe, passant aussi du passé au présent sans crier gare. Même les personnages très secondaires éprouvent ces mêmes difficultés à échanger, à s’ouvrir aux autres. L’écriture est assez ordinaire, comme la vie de la narratrice au début de l’intrigue. C’est aussi une sorte de tranche de vie avec des réflexions successives pas toujours organisées qui abordent également le vieillissement, le couple, l’amour.

J’avoue que j’ai été un peu déçue, je n’ai pas été emportée, ni par l’histoire ni par les personnages pour lesquels on ne peut s’empêcher toutefois de ressentir de la sympathie. En somme, un roman qui dénonce l’absence ou la mauvaise communication des temps modernes, mais sans aller suffisamment au fond de la question.

Babylone, de Yasmina Reza

Roman français paru en 2016 chez Flammarion. 300 pages.

Prix Renaudot 2016.

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10 commentaires sur “Babylone de Yasmina Reza

  • 10 février 2017 à 14 h 07 min
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    Le thème parait intéressant…
    Je le garde sous le coude quand même. Si il est à la bibliothèque, je le prendrais peut-être.
    Bonne journée et bon weekend.

  • 10 février 2017 à 14 h 09 min
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    Oui, le thème est vraiment chouette, mais la magie n’a pas opéré. cela dit, j’ai lu le roman assez vite, mais je pense que je l’oublierai assez vite aussi… Bon week-end à toi aussi Marie !

  • 10 février 2017 à 19 h 44 min
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    Peut-être à découvrir alors …
    Je vais voir si je le trouve à la bibliothèque 😉
    A bientôt.

  • 11 février 2017 à 1 h 40 min
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    Oui, tu passeras sans doute un bon moment et j’espère que tu l’aimeras encore davantage que moi 😉

  • 13 février 2017 à 14 h 30 min
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    Le résumé de l’histoire donne envie d’en savoir plus mais tes commentaires me refroidissent un peu, il a l’air dispensable ce roman finalement.

  • 13 février 2017 à 15 h 53 min
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    Je pense aussi que l’on peut s’en dispenser. Cela dit, peut-être d’autres lecteurs ont-ils davantage aimé ce roman que moi, il ne s’agit que de mon modeste avis.

  • 13 février 2017 à 16 h 02 min
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    Le sujet de la communication entre deux personnes me paraît primordial donc merci de la découverte de ce livre.
    Bisous à toi et à plus sur nos blogs respectifs!

  • 14 février 2017 à 9 h 54 min
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    Oui, le thème est vraiment intéressant, mais je suis restée sur ma faim…

  • 14 février 2017 à 17 h 45 min
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    Oh, je suis assez déçue que tu aies été déçue, j’attendais un avis positif pour me décider à le mettre enfin dans ma wish-list. 😀 Je l’avais vu dans une librairie et il m’avait donné envie, je suis un peu plus réservée maintenant. Je vois où tu veux en venir et ça me paraît presque du gâchis… Mais si j’ai l’occasion de mettre la main dessus, je le lirai quand même pour me faire une idée 🙂

  • 15 février 2017 à 11 h 19 min
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    Bien sûr ! Tu as raison de le lire pour te forger ta propre opinion. Les goûts en matière d’art sont tellement vastes, un livre qui ne plait pas à un lecteur peut plaire à un autre 😉 J’espère que tu seras satisfaite de cette lecture, je suis curieuse d’avoir ton avis…

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