California Girls de Simon Liberati

On m’a offert ce roman et comme j’aime écouter les Beach Boys, je me suis dit que ce livre pourrait me plaire, j’imaginais les belles plages de Californie, les vacances, la dolce vita. Mais pas du tout ! Il s’agit là d’un récit fondé sur une histoire vraie tragique, celle de l’assassinat atroce de stars de Hollywood, dont la fameuse Sharon Tate, épouse de Roman Polanski, enceinte de huit mois, à la fin des années 60.

Je n’ai pas du tout aimé le début, véritable bazar où un tas de personnages apparaissent dont la plupart n’auront aucun poids dans la suite du roman. J’ai d’ailleurs abandonné le livre et l’ai repris plusieurs mois après ma première tentative (parce que j’étais coincée dans un avion avec cet unique roman sous la main, et n’avais donc pas un choix d’autres lectures disponibles). Bien sûr, on pourra arguer que ce bazar est à l’image de la Famille secte de Charles Manson, dont il est le gourou. Moui. Mais bon, ce n’est pas un argument suffisant.

On croise évidemment dans cette histoire des paumés, des drogués, des laissés-pour-compte de la société qui, rejetés de toutes parts entourent Charlie et le vénèrent comme un père. Charlie est un des plus malades du groupe, mais suffisamment intelligent pour ne pas se salir les mains. Raciste, il souhaite commettre des crimes dont, il l’espère du moins, seront accusés les noirs communistes des Black Panther qu’il exècre. Il pousse sa Famille à commettre des assassinats monstrueux.

 » Elle les regarda tous, dommage que Clem ait jeté son revolver, elle aurait eu envie de les massacrer, comme elle avait saigné les autres. Des gens encore plus vides et prétentieux, si c’était possible, que ces hippies de pacotille dans leur baraque de cinéma avec leurs ego qui cherchaient à l’écraser. Ils n’étaient pas libres, ils jouaient des rôles, comme Sharon Tate, tous les connards d’Hollywood et la majorité des hippies de luxe. »

Simon Liberati décrit avec une très grande précision ce que chaque personnage pense ou ressent et va assez loin dans la psychologie des personnages qu’il invente puisqu’il imagine ce qu’ils ont ressenti. Mais la folie me fatigue, il y en a plein les romans contemporains et trop, c’est trop.

En outre, j’ai eu le sentiment d’être une voyeuse perverse lorsqu’arrive la scène de meurtres, effroyable. Je n’avais pas vraiment envie d’assister à cette horreur et elle est minutieusement décrite. On peut louer l’aspect journalistique de la chose, mais je me sentais très mal de lire de telles atrocités. Si vous aimez le gore, foncez. Moi, je préfère avoir foi en la nature humaine, et les tarés de cette espèce, érigés ici en héros, me troublent et je refuse qu’ils ternissent mon optimisme.

Je n’ai donc pas apprécié cette lecture, en raison du thème. Je reconnais pourtant des qualités à ce roman, qui est bien écrit, mêlant les niveaux de langue avec finesse, qui relate avec semble-t-il précision des faits (l’auteur s’appuie sur des éléments du procès qui a suivi les crimes). Mais justement, j’aurais bien aimé en savoir davantage sur les raisons qui ont fait basculer ces pauvres hères vers la folie la plus sordide. Or, on ne saura rien ou presque sur leur passé (à peine esquissé), ni sur le procès et ce qu’il adviendra de chacun des protagonistes. Dommage ! La folie fascine, mais elle devient un lieu commun en littérature aujourd’hui, ce qui traduit le besoin toujours plus grand d’avoir des sensations toujours plus fortes. Comme toutes les modes, cela passera sans doute… En attendant, je vais lire autre chose, cela me fera le plus grand bien au moral.

California Girls, de Simon Liberati

Roman paru en 2016. 342 pages chez Grasset. 

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18 commentaires sur “California girls, de Simon Liberati

  • 16 mars 2018 à 9 h 05 min
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    La folie ne me fascine pas 😉
    Je lis en ce moment « Gabriële » de Anne et Claire Berest, un livre écrit à quatre mains. C’est l’histoire de leur arrière grand-mère : femme indépendante, musicienne et féministe avant l’heure. Une belle découverte, je te le conseille.

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    • 16 mars 2018 à 9 h 22 min
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      Oh merci pour ce conseil, je suis sûre qu’il me plaira davantage que celui-ci ! C’est dingue comme la folie est à la mode en littérature en ce moment. À croire que les gens veulent toujours plus de sensationnel… Bon week-end Brigitte !

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  • 16 mars 2018 à 10 h 57 min
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    Le titre est accrocheur pourtant!
    Mais la folie, le chaos, la perversion, très peu pour moi.
    Comme quoi il ne faut pas toujours s’arrêter au titre des livres.
    Bonne soirée Sandra

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    • 16 mars 2018 à 11 h 24 min
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      Tu as bien raison ! Le titre était en effet accrocheur et la photo de couverture aussi car la femme est vraiment très belle, mais cela n’a pas suffi à me séduire 😉 Bonne journée Marie !

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  • 16 mars 2018 à 13 h 54 min
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    Je vois que tu ne l’as pas plus apprécié que moi… J’ai aussi été tellement frustrée par l’absence totale de l’avant et de l’après des personnages! J’espère que ta prochaine lecture sera plus agréable.

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    • 16 mars 2018 à 15 h 28 min
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      Je me souviens que ta critique était plutôt négative, je vais aller la relire de ce pas. C’est vrai que c’est frustrant de ne pas en savoir davantage sur les événements qui ont poussé ces gens à entrer dans cette secte. Et même si quelques mots expliquent ce qu’ils sont devenus, j’aurais aimé en savoir beaucoup plus sur le procès lui-même ! Ma lecture actuelle me plait davantage, mais je n’en suis qu’au tout début. À vendredi pour confirmation (ou pas) de ma première impression. Bon week-end Magali !

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  • 16 mars 2018 à 21 h 12 min
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    J’avais lu la quatrième de couverture, et je pensais que c’était un livre qui était susceptible de me plaire. Cela dit, si l’on apprend rien ni sur l’avant, ni sur l’après, je passerai mon chemin…
    J’espère également que ta prochaine lecture te plaira davantage !
    Très bonne fin de semaine !

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    • 16 mars 2018 à 23 h 30 min
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      Oui, c’est ça et c’est très frustrant car, pour moi, c’est bien plus intéressant que les meurtres eux-mêmes. J’ai juste commencé une autobiographie d’une nouvelle auteure et pour l’instant, j’apprécie. À confirmer… Bon week-end, Vincent !

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  • 17 mars 2018 à 3 h 26 min
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    J’aurais pensé qu’on en saurait plus sur le avant et après. Dommage, c’est ce qui m’attirait dans ce livre qui est dans ma WL. Je le retire de ma liste. J’aime bien lire des trucs sanglants parfois, mais il faut que ça reste dans l’imaginaire. Aussitôt que c’est tiré d’une histoire vraie, ça me fait mal me sentir…

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    • 17 mars 2018 à 13 h 33 min
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      Moi je n’aime pas trop les trucs gore, je préfère les romans psychologiques et là, c’est ce qui m’a manqué. C’est très détaillé, très développé et l’auteur imagine ce que pensent ou ressentent les personnages, mais on ne connaît pas assez leur vie d’avant pour comprendre (si c’est possible) ce qui les a poussés à basculer dans la folie meurtrière. Mais le livre est bien écrit, ce qui n’est pas si fréquent dans les romans tirés de faits divers.

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  • 19 mars 2018 à 8 h 35 min
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    Je ne suis pas du tout tentée par ce livre d’autant plus que j’avais lu « Eva » du même auteur et que je ne l’avais pas du tout apprécié. Merci pour ton ressenti. En plus je n’aime pas les faits divers…Bonne semaine

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    • 19 mars 2018 à 18 h 47 min
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      Je te comprends, je suis souvent déçue par les faits divers romancés. C’était mon premier essai avec cet auteur, mais j’avoue que je n’ai pas été convaincue… Bonne fin de semaine !

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    • 19 mars 2018 à 22 h 48 min
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      Ah, eh bien tant mieux pour toi ! Espérons que ma prochaine lecture sera plus à mon goût 🙂

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  • 20 mars 2018 à 4 h 12 min
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    BIM ! Ca a le mérite d’être clair, mais aussi et surtout argumenté. On m’a dit du bien de ce roman, mais j’avoue que le sujet ne m’intéresse pas du tout. D’une manière générale, je ne comprends pas l’intérêt, voire la passion des gens (ou des journalistes, je ne sais si les uns entraînent l’intérêt des autres ou si c’est l’inverse) pour les faits divers.

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    • 20 mars 2018 à 10 h 50 min
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      Je crois que cela s’explique parce que cela rassure les gens de n’avoir pas eux-mêmes vécu de telles situations. Evidemment c’est horrible, mais la nature humaine a un côté bien sombre.
      Je ne savais même pas de quoi ça parlait, mais j’avoue que ça ne m’a pas emballée…

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  • 20 mars 2018 à 15 h 57 min
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    Un livre qui m’a déçue ; trop commercial à mes yeux (sexe et violence à foison) !

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