Hoffmann-enfant-plein-angoisse

Je trouvais la couverture de ce livre très sympa, le titre accrocheur. Je ne connaissais pas cet auteur qui est aussi critique littéraire. Et comme plusieurs personnes m’ont parlé de ce roman sans l’avoir lu, je me suis précipitée dessus. Malheureusement, c’est un roman étrange, sorte d’OVNI auquel je n’ai pas du tout accroché.

Antoine Griggs a 13 ans ; il est pensionnaire dans un collège suisse où il n’aime pas grand-chose à part le latin. Pendant les vacances, il se rend chez sa grand-mère dans un chalet perdu près de Chamonix. Antoine n’a jamais vu son père Rudyard, un Anglais qu’il ne connaît donc pas. Quant à sa mère, Baladine, jeune femme brillante, ambitieuse et carriériste, elle ne s’occupe pas de lui, trop occupée à signer des contrats et à manœuvrer pour obtenir un poste dans un ministère.

Sa grand-mère, ancienne star de la musique baroque, n’a aucune affection à lui donner non plus. Heureusement, Antoine a un chien, Jojo, le seul être vivant qu’il peut aimer vraiment et dont il reçoit aussi quelque tendresse. Le roman raconte les relations, ou plutôt l’absence de relations entre les différents protagonistes, encadrés par des personnages secondaires sans réelle épaisseur. Antoine va ainsi découvrir pour la première fois son père au cours du roman, mais n’en sortira pas aussi transformé qu’on aurait pu s’y attendre. Heureusement qu’il a son ratier, mais c’est tout de même triste de ne pouvoir s’attacher qu’à un chien…

Les personnages m’ont laissée de marbre, car ils sont aussi improbables que dénués de sentiments. Je les ai trouvés aigris, caustiques sans toutefois parvenir à être vraiment drôles. Je n’ai donc éprouvé aucune empathie à leur endroit. Antoine, le héros, est particulièrement triste, ses réflexions ne correspondent pas à son âge, il est décevant, comme le sont les adultes qui l’entourent.

L’intrigue elle-même, selon moi, ne progresse pas franchement et on reste sur sa faim. Certaines scènes sont inintéressantes ou peu utiles comme la rencontre avec la joggueuse. Je n’ai pas compris le but de l’auteur, je suis passée à côté. Cependant, j’ai souri à certaines réflexions sur la politique que j’ai trouvées justes et amusantes. Les travers de la société actuelle où l’enfant est devenu un paquet encombrant pour des parents avides de plaisir ou de pouvoir, m’ont paru très caricaturaux. Cela aurait pu être caustique mais j’ai trouvé cela seulement dur, triste et acerbe.

« La politique n’attire plus que les ratés, tu devrais le savoir. Et ceux qui ont été mal aimés par papa et maman. Ou par Bibiche. Et qui veulent montrer au monde, mais d’abord à Bibiche, maman ou papa, qu’ils ont eu tort de les négliger. Ils veulent se faire aimer, les pauvres niais ! Les grands fauves d’autrefois sont devenus de petits chiens. Larmoyants, tremblotants, compatissants, précautionneux, effrayés par leur peuple. Au cœur d’un système vicieux qui écarte les capables et laisse grouiller les agiles et les pervers qui, seuls, arrivent à leurs fins. Ils veulent guérir leurs blessures d’enfance à coups de voitures de fonction, de tapis rouge, de photos-call et de conseillers en communication. Des branleurs, voilà ce que sont les politiques français d’aujourd’hui. Tous. Sans exception. Des immatures et des incapables. Qui ne font plaisir qu’à eux-mêmes. »

Enfin, l’écriture m’a quelque peu déconcertée. La plupart des chapitres sont écrits avec un point de vue omniscient, je n’ai donc pas compris l’intérêt de la narration du point de vue interne d’Antoine puisqu’on connaît déjà ses impressions et sentiments. De même, deux passages du roman adoptent une présentation théâtrale, et je n’ai ni compris ni apprécié ce mélange de genre, je n’ai pas trouvé qu’il apporte quoi que ce soit sinon de la confusion. Enfin, j’ai trouvé les répétitions lourdes, comme par exemple l’expression « Blondasse, enfin Sylvie » pour évoquer un personnage dont Antoine apprend le nom après l’avoir surnommée familièrement en raison de la couleur de ses cheveux. La première fois passe, mais dès qu’il veut parler de ce personnage, il utilise cette tournure qui devient vraiment lassante. Bref, cette lecture fut pour moi décevante, et ne me marquera pas. Et vous avez-vous lu ce roman ? L’avez-vous aimé ?

Un enfant plein d’angoisse et très sage, de Stéphane Hoffmann

Roman français paru en 2016 chez Albin Michel. 263 pages.

Prix Jean Freustié.

 

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4 commentaires sur “Un enfant plein d’angoisse et très sage de Stéphane Hoffmann

  • 6 janvier 2017 à 9 h 20 min
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    Bonjour et bon retour 🙂
    Le résumé de ce livre semble prometteur … comme quoi il ne faut pas toujours se fier à la quatrième de couverture 😉

  • 6 janvier 2017 à 10 h 33 min
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    Merci ! Oh tu sais, ce n’est que mon avis, il peut tout à fait plaire à d’autres, mais personnellement, je n’ai pas accroché… J’en profite pour te souhaiter une très bonne année !

  • 9 janvier 2017 à 19 h 34 min
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    Cela fait plusieurs avis mitigés que je lis… Dommage, la couverture m’attirait bien !

  • 10 janvier 2017 à 12 h 12 min
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    Je n’ai pas encore lu d’autres avis, mais j’avais vu que sur Babelio, il y avait de bonnes notes. Dommage, mais je n’ai pas été conquise !

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