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Imaginez ma surprise, la première année où je suis arrivée au Japon, lorsque j’ai entendu un vacarme infernal dans ma rue : d’habitude, les Japonais sont des gens très calmes, et là, j’entendais hurler un immense groupe, en rythme. Ce groupe se déplaçait et est passé devant moi qui avais les yeux écarquillés, ne comprenant pas grand chose à ce qui se passait. C’était une matsuri ! Je vous explique…

Les origines du matsuri

Les matsuri sont des fêtes ou des festivals qui ont lieu régulièrement au Japon. Il y en a beaucoup l’été mais aussi en ce moment, à l’automne. C’est très amusant à observer parce que les Japonais se lâchent complètement et ont l’air de bien se marrer. Tout le monde participe : hommes, femmes, enfants, jeunes, personnes âgées, c’est très convivial de voir qu’une matsuri réunit toutes les générations dans une ambiance extraordinaire.

matsuri-rue

C’est mon amie Hisae qui m’a expliqué d’où viennent les matsuri. Au départ, il s’agit de fêtes en lien avec la religion shintoïste mais elles peuvent être aussi liées au bouddhisme. Les matsuri sont une manifestation festive qui concerne la riziculture : quand on sème, quand ça pousse bien, quand on récolte, on remercie les dieux en leur offrant une fête. La matsuri permet donc de demander une bonne récolte de riz, ou de remercier la divinité pour une belle moisson.

La matsuri peut aussi être mise en relation avec le culte des ancêtres qui sont des protecteurs de la terre familiale, sur laquelle on plantait le riz. Bien sûr aujourd’hui il n’y a plus de champ dans Tokyo mais on continue de perpétuer la tradition qui est à la fois religieuse et profane. Les rues se parent de lanternes, guirlandes ou autres décorations et on sait qu’une matsuri se prépare.

matsuri-lanternes

À quoi ressemble une matsuri ?

On voit d’abord sortir du temple une sorte de palanquin appelé mikoshi porté par des hommes et des femmes qui crient en cadence : Oisho ! C’est une sorte de Ho hisse japonais. Les porteurs sortent la divinité du sanctuaire pour la distraire et lui font faire le tour du quartier avant d’aller la remettre à sa place initiale. C’est assez marrant quand on y pense !

Si vous passez d’un quartier à l’autre, vous verrez plusieurs défilés. Toute une procession s’avance ainsi dans pratiquement toutes les rues du coin. Dans certains endroits, il faut prendre garde avec de jeunes enfants par exemple à ne pas être comprimés voire un peu écrabouillés, car la foule est dense… 

matsuri-defile-1

Les gens portent un habit traditionnel à cette occasion. Les hommes revêtent une tunique, généralement bleu-foncé et blanche nommée happi et ont un pantalon ou un short. Certains ont des shorts très très courts, on voit quasiment leurs fesses ; cela m’a beaucoup étonnée la première fois que j’ai vu ça ! Eux, les Japonais si pudiques, se montrer ainsi ! 😉 C’est très détendu et très gai. Les hommes ceignent aussi leur front d’un bandeau appelé hachimaki. On voit également des sortes de chars sur roulettes que les gens poussent ou tirent pendant la procession : matsuri-procession

Parfois, ce sont les enfants qui s’occupent de tout !

Dans les sanctuaires, on peut assister à des concerts de taïko, sortes de gros tambours japonais. J’adore les taïko ! Les groupes qui en jouent le font de façons différentes : certains insistent sur le côté artistique et réalisent des figures presqu’aériennes, d’autres sur le côté sportif et c’est très impressionnant. Une de mes amies pratique cet instrument et m’a emmenée avec elle pour que j’essaie. La position des bras et des jambes est très rigoureuse, il faut évidemment avoir le sens du rythme : j’ai adoré ! On se défoule en créant quelque chose de beau, mais c’est épuisant ! Voici un petit exemple en vidéo, lors d’une matsuri à Ikebukuro.

Les 2 plus célèbres matsuri 

La Sanja matsuri qui a lieu dans le quartier d’Asakusa à Tokyo réunit pratiquement 2 millions de personnes chaque année au mois de mai (le 3e week-end). La foule, déchaînée, chante et hurle pour encourager les hommes qui promènent l’énorme sanctuaire portatif dans les rues jusqu’au temple. C’est le plus grand festival shintoïste au monde ! Je n’ai pas assisté à cette matsuri, car je pense qu’il y a vraiment trop de monde, je me contente de celles de mon quartier ou des zones alentour.

 

À Kyoto, pour conjurer la peste qui avait été particulièrement meurtrière au IXe siècle, on organise depuis une formidable matsuri auquel assiste un million de personnes le 17 juillet ! Plus d’une trentaine de chars défilent dans les rues, acclamés par la foule, mais je n’ai jamais eu l’occasion de m’y rendre à cette période.

Alors, ces matsuri, すごい, non ? Qu’en pensez-vous ?

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7 commentaires sur “Les matsuri

  • 10 octobre 2017 à 20 h 30 min
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    Oui, c’est très amusant de voir les Japonais faire la fête, même si je ne comprends pas tout !

  • 11 octobre 2017 à 2 h 36 min
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    J’adore ! Qui plus est je reviens d’une semaine à Kyoto et ya pas à dire : j’adore le Japon, alors merci pour cette petite resucée de japonaiserie, je t’envierais presque (voire pas presque) d’y habiter !

  • 11 octobre 2017 à 3 h 33 min
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    Ah Kyoto ! C’est vraiment une ville splendide, je comprends qu’elle puisse faire aimer le Japon ! J’espère que tu en as bien profité. Vivre à Shanghai, c’est pas mal non plus, mais j’avoue que je suis heureuse d’habiter Tokyo 😉

  • 11 octobre 2017 à 3 h 40 min
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    C’est incroyable ces festivites! Si j’etais toi, je reserverais tout de suite mon troisieme week-end pour mai prochain!
    Je suis souvent etonnee par ces cultes protéiformes d’Asie, ou l’on regroupe des tas de croyance, des remerciements, des suppliques, la ballade de Dieux, et tant d’autres choses…
    J’avais vu ces costumes a la fete internationale de l’ecole des enfants, mais je ne savais pas du tout a quoi ils pouvaient correspondre. Merci pour ton eclairage! J’adore tes billets sur le Japon!

  • 11 octobre 2017 à 8 h 37 min
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    Merci pour ton message qui me fait très plaisir ! Je crois que tu as raison, je devrais aller voir ce matsuri en mai… Je vais me pencher sur la question. Les Japonais sont étonnants effectivement, ils mêlent des cultes et des religions ou philosophies, en les associant toujours à la nature qu’ils ne se lassent pas d’admirer ou de louer.

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