Voici le programme après la visite de la si belle ville de Québec. D’abord visite d’une communauté amérindienne, ensuite halte sur l’île d’Orléans, et enfin arrêt à Baie Saint-Paul.

Rencontre avec des Hurons à Wendake

Nous avions hésité à y aller car le principe des « réserves » d’êtres humains nous déplait. Cependant, après diverses recherches sur des guides, nous avons voulu aller à la rencontre des premiers habitants d’Amérique du Nord. Et bien nous en a pris !

Une surprenante amérindienne (blonde aux yeux bleus) nous accueille avec une joie non dissimulée ; elle est fière et heureuse de nous faire partager l’histoire des Hurons. Elle nous explique comment fonctionnait sa communauté et comment elle vit aujourd’hui. Cette rencontre a été passionnante et très instructive, nous ne regrettons pas d’y être allés malgré nos réticences initiales !

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Société matriarcale et matrilinéaire, les femmes ont la part belle, même si ce sont elles qui doivent porter les peaux d’animaux qui servent à dresser les tipis, car les hommes doivent être prêts à tuer un bison à tout moment.

tipi-wendake-quebec

Les enfants, eux, ont la belle vie : seule la violence est interdite, tout le reste est permis. Notre guide indique que ce sont les femmes qui choisissent leur mari (il a quand même le droit de refuser, faut pas pousser non plus !). Il y a une « période d’essai » de 3 semaines après lesquelles le couple choisit ou non de se marier. Le divorce est autorisé. Le mari vient vivre dans la maison de sa femme qui abrite plusieurs familles. Voici une reconstitution d’une de ces maisons : celle-ci abritait 3 familles (autant de familles que de feux).

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La promiscuité ne devait pas être facile à vivre tous les jours… J’ai trouvé leurs couches et leur système de rangement (des habits et même des bateaux !) en hauteur très ingénieux.

La fabrication artisanale occupe une grande partie du temps des Hurons.  On admire leurs raquettes, pour marcher dans la neige, hein, pas pour jouer au tennis ! Leur pirogue, faite de peaux de bisons tendues et quotidiennement huilées, m’impressionne : je ne sais pas si j’aurais osé m’aventurer sur le Saint-Laurent dans une embarcation qui me paraît si fragile…

Notre guide, adorable du début à la fin de la visite, nous explique qu’aujourd’hui bien sûr, les descendants des premiers Hurons se sont mélangés aux Européens venus s’installer là ensuite, c’est pourquoi ils ne ressemblent plus franchement aux clichés que l’on peut avoir en tête. D’autre part, ils vivent exactement comme les autres Québécois et ne s’habillent évidemment ainsi que pour le folklore.

Elle nous emmène dans un espace où sont disposés des masques. Sacrés, ils servent à guérir, c’est-à-dire à chasser le mauvais esprit qui provoque la maladie classée selon sa nature (naturelle, elle peut être soignée par des plantes, invisible, elle ne se voit pas, et morale, elle concerne les cas de dépression). Mais il est interdit de les photographier vous n’en verrez donc pas. Ces masques sont taillés dans un arbre d’un seul tenant ; or certains d’entre eux étaient immenses, c’était impressionnant ! Mais la plupart ont à peu près la taille d’un visage humain puisqu’on les déposait sur la face des malades. L’expression des masques est assez amusante avec leur bouche tordue, elle fait rire (ou peur peut-être en format XXL). Voici un souvenir que nous avons ramené et qui représente un de ces masques.

masque-huron

Une affiche représentant les grands chefs hurons et une coiffe trônent aussi dans la communauté. J’apprends aussi que les scalps étaient rares et principalement destinés… aux Blancs pour prouver qu’ils avaient tué un ennemi commun, un Iroquois !

Après une visite dans la boutique, nous terminons par un totem derrière lequel on aperçoit une pub pour Pepsi, – décidément les nouveaux Américains s’implantent bien partout !

totem-reserve-indien

Notre guide nous apprend beaucoup sur les Indiens d’aujourd’hui. La situation des membres des différentes communautés est très délicate : considérés comme des mineurs non émancipés, ils ne peuvent obtenir des prêts de banque pour acheter une maison. Et le gouvernement canadien est de toute façon propriétaire des terrains de toutes les réserves. Les communautés éloignées des grandes villes reçoivent malheureusement moins d’éducation car les enfants ne peuvent aller qu’en primaire. Du coup, elles connaissent l’alcoolisme et la pauvreté de manière bien plus forte que le reste des Québécois ou des Canadiens. Les Hurons aujourd’hui se battent pour obtenir des droits et réapprennent la langue de leurs ancêtres à l’école. Nous sommes ravis d’avoir découvert cette communauté qui s’est montrée très accueillante.

L’île d’Orléans

Nous reprenons la route vers le nord, en longeant la côte. Nous souhaitons faire un petit crochet vers l’île d’Orléans. Nous empruntons le pont puis l’unique route intérieure. Malgré le temps très couvert, les paysages sont apaisants : du vert, du vert, du vert. Après les villes, ça fait du bien.

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Nous nous arrêtons pour admirer son église, la seule du Québec à avoir 3 clochers.

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Les gens sont très accueillants. Une dame nous propose la visite de l’église mais nous déclinons son offre car nous avons encore de la route à faire et après avoir vu la basilique de Montréal… Nous en admirons néanmoins l’extérieur.

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La vue est magnifique mais on ne peut pas s’arrêter souvent prendre des photos car la route n’est pas aménagée pour. On se contente de se remplir les yeux, ce qui n’est déjà pas si mal. L’atmosphère est paisible, il n’y a pas de hordes de touristes.

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On tente un arrêt, juste après la route du mitan qu’on a ratée car pas vue, pour boire un café dans un bouge sordide (mais c’est le seul endroit que l’on trouve pour boire quelque chose). L’odeur d’huile frite rance me saute à la gorge et me donne la nausée ; je ne prends même pas un thé. On rebrousse chemin.

Les maisons qui bordent la route sont très bien entretenues.

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Nous reprenons le pont suspendu, les nuages s’amoncellent, nous croisons les doigts pour que la pluie ne se mette pas à tomber.

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Nous nous dirigeons ensuite vers Baie Saint-Paul où nous avons prévu de passer la nuit, en longeant la rive du Saint-Laurent.

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Baie Saint-Paul

Nous arrivons sur la baie en fin d’après-midi. Le port est abrité. Dans l’anse rien ne bouge, c’est très calme.

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Il n’y a pas de touristes, nous sommes seuls, enfin presque : un couple fait du paddle dans la baie. 

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Autour de l’eau, les forêts sombres et profondes s’étendent sur les collines où percent çà et là quelques maisons. Une petite plage de sable, discrète et déserte s’étend à droite.

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C’est un endroit extraordinaire ! Il se dégage de Baie-Saint-Paul une quiétude qui nous charme. Nous marchons jusqu’au bout de la jetée qui ressemble au bout du monde. Alors nous décidons de prendre notre temps et d’attendre le coucher du soleil.

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À la tombée du soir, c’est magique : les ciels sont roses, bleus, violets, on dirait des tableaux de Monet. Malheureusement, les photos rendent beaucoup moins bien qu’en vrai.

sunset-quebec

La seule chose que nous n’avions pas prévue, c’est le froid qui nous saisit. Nous quittons alors ce lieu enchanteur et partons voir la rue commerçante, charmante.

Nous en profitons pour acheter de quoi nous couvrir ; il faisait 30° quand on est partis de Montréal et on n’avait pas trop anticipé le froid ! Le nombre de galeries d’art au mètre carré est impressionnante.

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Le lendemain matin, nous retournons une dernière fois sur la baie parce que c’est tellement beau que l’on est tombé en amour de cet endroit ; nous pourrions rester là des siècles. 

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Nous reprenons la route pour la grande nature que je vous propose de suivre la semaine prochaine !

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Infos pratiques :

Site Huron-Wendat juste à côté de Québec. 13,95 $ pour un adulte (été 2016). Possibilité de participer à des activités comme le tir à l’arc, atelier de fourrures etc. mais pas de chasse aux bisons, pour ça, revoyez Danse avec les loups !

Nuit à Baie Saint-Paul à l’hôtel Aux portes du soleil. Accueil très sympa, un appartement familial immense. On nous donne des bons de réductions pour aller voir les baleines à Tadoussac…

Nous dinons au Diapason, bistrot épicurien à tendance bio : c’est délicieux, aussi beau que bon (tartare de saumon au quinoa et légumes avec coulis de poivrons + gâteau poire-chocolat). Mmmm !

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12 commentaires sur “Road trip au Québec #3 rencontre avec les Améridiens

  • 4 octobre 2016 à 10 h 22 min
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    Impressionnant! ça semble magnifique 🙂

  • 4 octobre 2016 à 10 h 27 min
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    Oh oui c’est superbe ! J’aimerais beaucoup voir ce que ça donne en hiver. La semaine prochaine, ce sera les grands espaces naturels, et c’est extraordinaire aussi. C’est vraiment une très belle région, et j’imagine que les autres provinces du Canada ont chacune leur charme. Mais c’est trop grand pour tout voir en une fois. Conclusion : faut que j’y retourne 😉

  • 4 octobre 2016 à 12 h 19 min
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    Merci de nous faire rêver par procuration ! Tes billets Road Trips sont toujours aussi chouettes.

  • 4 octobre 2016 à 12 h 25 min
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    Oh merci Aurélie, c’est très gentil !

  • 4 octobre 2016 à 12 h 35 min
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    J’ai adore ton passage sur les Hurons! C’est incroyable la vie de ces commumautes, finalement pas tres eloignees de nous, dans l’espace et dans le temps!
    … Et sinon, je suis bien etonnee de lire que vous ayez reussi a trouver un « bouge sordide » au milieu de ces paysages a tomber et de ces maisons cossues! Comme quoi, il y a toujours des surprises!

  • 4 octobre 2016 à 13 h 11 min
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    Oui, la communauté des Hurons a beaucoup plu à tout le monde et en particulier à ma cadette. Et encore, on n’a pas fait tous les ateliers proposés, j’imagine que ça doit être très sympa. C’est vrai que les paysages sont superbes et je te rassure, tous les autres bars ou resto que nous avons testés au Québec étaient très bien 😉

  • 4 octobre 2016 à 15 h 01 min
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    Evidemment j’adore, tu dois te douter pourquoi 😉 C’est vraiment superbe, ça me donne vraiment envie de découvrir cette région après avoir déjà fait l’Ouest canadien et le Maine ! Merci pour ce beau reportage !

  • 4 octobre 2016 à 15 h 45 min
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    Oh tu n’es pas très loin (enfin, par rapport à moi), tu pourrais y aller mais je sais que tu es devenue frileuse à vivre à Houston, alors cible plutôt l’été 😉 C’est vrai que c’était un super voyage, je te souhaite de découvrir cette très belle région. 🙂

  • 4 octobre 2016 à 15 h 46 min
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    Notre road -trip au Quebec est incontestablement mon voyage préféré. La rencontre avec les baleines de Tadoussac fut magique et le moment le plus émouvant de mon voyage ! Merci pour ce joli partage !

  • 4 octobre 2016 à 15 h 47 min
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    Ah oui, Tadoussac, c’est le programme de mon prochain article (le dernier sur ce road trip) et c’était génial ! Je comprends que ce soit un super souvenir pour toi ; pour nous c’est pareil, l’expérience fut fantastique !

  • 4 octobre 2016 à 22 h 23 min
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    très intéressant cet article
    je comprends tes réticences par rapport à la visite de réserves
    vraiment triste leur situation

  • 5 octobre 2016 à 0 h 00 min
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    Oui, et justement cette visite m’a permis de me rendre compte que les Indiens sont contents de voir des touristes à qui ils peuvent expliquer leur situation et à qui ils peuvent vendre les produits de leur artisanat. Ils nous ont très bien accueillis et comme j’ignorais leurs difficultés, cela m’a appris beaucoup de choses.

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