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Ceci est … mon 100e billet sur le blog et je suis contente de le rédiger au sujet d’une lecture qui m’a bien plu ! C’est encore mon amie Sandrine qui m’a passé plein de livres aux vacances de Noël que je remercie de me faire découvrir de nombreux romans, dont La Succession.

Paul Katrakilis, au début du roman, vit en Floride des cachets qu’il touche en jouant à la cesta punta devant un public de parieurs. Il est jeune, talentueux et vit là entouré de ses amis, notamment son collègue le Cubain Epifanio surnommé Nervioso. On apprend qu’il a laissé depuis des années sa famille en France dont il ne se sent pas proche et qu’il est très conscient de son bonheur présent dont il profite de manière simple, entre son petit bateau, sa jolie voiture et surtout ses parties de pelote basque dont il ne se lasse pas.

Mais ce bonheur bascule soudain car Paul se voit obligé de rentrer en France pour régler une succession : son père vient de décéder. Ce n’est pas tant la mort de son père qui l’attriste, père avec lequel il n’avait plus de relations depuis plusieurs années, c’est plutôt le fait de devoir quitter, au moins temporairement, l’univers dans lequel il s’était expatrié et où il vit heureux.

Ce retour en France, entre Toulouse où il a vécu et doit régler ses affaires, et le pays basque où il a appris à jouer à la pelote, permet au narrateur de nous parler de sa famille. Très particulière, le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne tourne pas rond et le lecteur comprend le double sens du titre du roman. Il ne s’agit en effet pas seulement de la succession chez le notaire de l’héritage du père de Paul, Adrian un médecin très apprécié, mais de la succession d’événements comme les suicides familiaux. Le lecteur s’inquiète alors de savoir si la fatalité s’abattra aussi sur Paul.

J’ai aimé les lieux du roman ; j’ai reconnu la Floride et mon sud-ouest natal, j’ai senti leur ambiance, leurs couleurs et surtout leurs contrastes. Ce qui se passe outre-atlantique est synonyme pour Paul de bonheur, comme par exemple toutes les années heureuses qu’il y a vécues, ou la maison de son ami Epifanio et de sa compagne :

« Cette maison qui n’avait rien de remarquable débordait de toute la joie de vivre qu’ils avaient accumulée à l’intérieur. »

Alors qu’en France, la maison de sa famille de même que tous les événements qui y sont attachés sentent la mort, la tristesse :

« Dire n’importe quoi pour dire quelque chose, pour repousser le silence, parce que tant que l’on parle, la mort se tient à distance. »

J’ai apprécié les personnages aussi, le héros-narrateur Paul, comme l’attachant Epifanio qui évolue de manière étonnante au cours du roman, ou encore l’énigmatique Ingvild. Malgré une intrigue menée de manière amusante et détachée, plusieurs thèmes plus sérieux sont abordés au fil des pages, comme les relations familiales chaotiques, l’amour passionné de personnes d’âge et de culture différents, la folie des uns, la maladie des autres. 

Derrière ce roman aux apparences légères se cachent en effet des questions plus graves comme celle de la perception que l’on a des membres de sa propre famille qui peut parfois aller à l’encontre de l’image qu’en ont les personnes extérieures, celle de l’euthanasie, etc. Il nous interroge également sur le déterminisme familial. C’est ce mélange surprenant auquel on ne s’attendait pas qui séduit le lecteur.

Le style est agréable à lire, fluide et sobre et le roman se laisse lire très facilement. Le lecteur commence par sourire en raison de l’humour de l’auteur mais se retrouve sans l’avoir vu venir à réfléchir à des questions de société en raison de la gravité qui s’installe progressivement. Même si j’ai été parfois agacée par certaines digressions que j’ai trouvées trop longues, c’est cependant un roman sombre et profond, vraiment intéressant à plus d’un titre.

La succession, de Jean-Paul Dubois

Roman français paru en 2016. 240 pages chez L’Olivier.

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La succession de Jean-Paul Dubois
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6 commentaires sur “La succession de Jean-Paul Dubois

  • 17 février 2017 à 9 h 49 min
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    100e billet sur ton blog !! Bravo 🙂
    Ce roman me tente.
    Je viens de finir « Le temps est assassin » de Michel BUSSI, j’en ai lu quelques uns déjà de lui et j’aime bien.

  • 17 février 2017 à 9 h 57 min
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    Merci Brigitte ! C’est vrai que le temps file à toute allure ! J’espère que La Succession te plaira si tu le lis. De mon côté, j’ai lu un seul roman de Bussi, Nymphéas Noirs dont j’avais beaucoup aimé la construction (j’ai été surprise par la chute que je n’avais pas vu venir). Très belle journée !

  • 17 février 2017 à 10 h 16 min
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    Bonjour,
    Je trouve votre blog très sympa.
    Merci !

  • 17 février 2017 à 10 h 22 min
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    Eh bien c’est très gentil et réciproque ! Très belle journée !

  • 19 février 2017 à 0 h 47 min
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    J’espère qu’il te plaira !

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