Chariot-enfant-tokyo

Je vous ai déjà parlé du métro et du train japonais, qui sont les deux moyens de transport les plus utilisés à Tokyo. Mais ce ne sont pas les seuls. Les Tokyoïtes se promènent beaucoup à pied et utilisent le vélo, la voiture, les taxis et bien d’autres choses encore… Et pourtant, ça ne se passe pas tout à fait comme en France. Pour ne pas passer pour un malotru ou un idiot, il est parfois bon de savoir comment se déroulent les choses si jamais vous venez au Japon. Je vous raconte !

Les vélos à Tokyo

Lorsque nous sommes arrivés au Japon pour la première fois, j’étais très loin de me douter que les vélos étaient si nombreux. Dans une capitale si peuplée, jamais je n’aurais cru qu’on pouvait se balader ou aller travailler à vélo. Et pourtant, malgré l’absence de pistes cyclables, il me semble que c’est bien moins dangereux qu’à Paris ! Comment font les Japonais ?

Tout d’abord il existe plusieurs sortes de vélos. Certains ont une assistance électrique : un petit boitier permet d’alléger la difficulté (certaines zones ne sont pas franchement plates, si vous voyez ce que je veux dire). J’ai plus souvent vu les femmes et les personnes âgées utiliser ce genre de vélos.

Mamachari-tokyo-japon

Les femmes mères de famille utilisent un « mamachari », c’est-à-dire un vélo idéalement conçu pour transporter leur progéniture. Il est en effet muni de siège pour enfant (qui semble très confortable) fixé soit à l’avant, soit à l’arrière. On peut aussi y placer un panier, bien pratique pour faire ses courses. Certains mamachari ont deux sièges pour enfants. Et j’ai déjà vu une maman en porter un troisième dans un porte-bébé ! Ce que j’aime particulièrement, ce sont les béquilles qui sont bien plus stables qu’en France car elles se placent à l’arrière et non sur un côté. Bien qu’il ait été conçu pour les femmes, aujourd’hui, le mamachari peut être conduit par tout le monde, même les hommes bien sûr !

Mamachari-tokyo

La plupart des cyclistes ne portent pas de casque, ce que je trouve assez dangereux. Un vélo peut circuler sur la chaussée (sur le côté gauche, ne vous trompez pas !) ou sur les trottoirs. Les Japonais sont les champions du monde pour slalomer sur les trottoirs afin d’éviter de heurter les piétons. Tous les vélos sont équipés d’une sonnette (bien utile pour demander aux piétons de se ranger) et d’un antivol intégré. Lorsqu’on achète un vélo, il est enregistré et immatriculé ce qui permettra le cas échéant de retrouver son propriétaire en cas de vol ou d’abandon. Il existe des parkings à vélos immenses et mieux vaut ne pas vous garer n’importe où : une fourrière à vélo peut vous confisquer votre deux-roues et ne vous le rendre que contre une amende de 4000 yens (37 euros environ !). Un jour en sortant du magasin où je faisais mes courses, j’ai vu une belle étiquette orner mon vélo : apparemment, j’étais mal garée et j’avais un avertissement. La prochaine fois je risque de me faire prendre mon vélo…

À noter qu’il existe de nombreux magasins de réparation de vélos où les employés vous installent en un clin d’oeil un panier supplémentaire ou vous changent un pneu, toujours avec le sourire. Quant aux scooters ou mobylettes, il y en a très peu, surtout si l’on compare avec les autres pays d’Asie du sud-est, sauf pour le facteur 😉 

Facteur-japon

Les voitures à Tokyo

Le plus souvent de marques japonaises, les voitures sont souvent hybrides ce qui fait qu’on ne les entend pas arriver lorsqu’elles marchent à l’électricité. J’ai failli me faire renverser il y a un mois (j’avais un casque sur les oreilles, il faut dire, mais réglé vraiment doucement). Elles peuvent ressembler à des cubes, littéralement, et sont toutes toujours très propres. Mes voisins nettoient la leur très régulièrement.

Au Japon, du moins dans mon quartier, je n’ai jamais vu le moindre conducteur jouer à celui qui roule le plus vite, celui qui est le plus bruyant, celui qui a la plus grosse (voiture, eh oh, je vous vois venir !), il y a je trouve une grande maturité chez les conducteurs nippons. Il faut croire que le klaxon ne doit être installé que sur option car on ne l’entend vraiment pas souvent. 

Les taxis à Tokyo

Les taxis japonais sont généralement verts ou noirs. Sauf si vous êtes dans un quartier complètement excentré, vous n’attendrez pas plus de 5 minutes avant de trouver un taxi disponible. Il suffit de lever la main pour qu’il s’arrête. Sauf que ça ne fonctionne pas exactement comme en France. Ici au Japon, lorsque la lumière du taxi est rouge, cela signifie que le taxi est libre, et non pas occupé comme en France. S’il est pris, il n’y a aucune lumière. Le gros avantage, c’est que la nuit, vous voyez très bien et de loin un taxi vide arriver, comme sur la photo ci-dessous.

Taxi-nuit-japon

Les chauffeurs ne parlent pas souvent anglais. En fait, ils ne parlent pas du tout et vous laissent tranquille. Mais ils sont très arrangeants et font au mieux pour vous comprendre et vous amener à bon port.

En France, il ne m’arrivait pas très souvent de prendre un taxi, mais plusieurs fois (dans les endroits que je connaissais bien), j’ai vraiment eu le sentiment de me faire arnaquer : le chauffeur faisait un détour de malade, soi-disant pour éviter d’éventuels bouchons (du genre sur la rocade à Bordeaux à 5h30 du matin, c’est se moquer du monde !). Ici, les taxis sont tous équipés d’un énorme GPS et ils ne trichent jamais, choisissent la route optimale. Cela dit, ils ne sont pas tous prudents, certains roulent vraiment vite.

L’intérieur des taxis est un peu étrange à mes yeux. Une vitre sépare les passagers arrière de la place du chauffeur mais la vitre ne prend que la moitié de la largeur de la voiture, si bien que si on est nombreux, on peut discuter avec celui qui est à l’avant. Les appuis-tête sont décorés de napperons blancs. Du genre de ceux qu’on aurait pu trouver chez mon arrière-grand-mère si elle n’avait pas été aussi moderne. Super kitsch.

Taxi-japon

Les portes sont automatiques, vous ne devez ni les ouvrir ni les fermer sous peine de recevoir un regard réprobateur (mais on ne vous dira rien pour autant).

Les autres véhicules

Que serait Tokyo sans ses livreurs ? Au Japon, on peut se faire livrer tout et n’importe quoi, du lundi au dimanche puisque beaucoup d’habitants n’ont pas de voiture et a fortiori pas de camionnette. Mais la particularité des livreurs ici, c’est qu’ils sont écolos : la plupart viennent à vélo et tractent une sorte de remorque sur roulettes.

Transport-velo-japon

Je ne consomme pas d’eau du robinet mais de l’eau en bouteille (vous avez le droit de me jeter des pierres mais Fukushima a salement pollué les nappes phréatiques et je n’ai pas pour projet de mourir prématurément). Eh bien mes packs d’eau pourtant très lourds arrivent grâce à ce genre de véhicule. J’adore !

Transporteur-ecolo-japon

On trouve aussi des ambulances, voitures de police etc. dont la sirène ressemble à celle que l’on entend aux États-Unis, c’est super anxiogène. D’autant qu’un haut-parleur annonce quelque chose dans une langue que je ne comprends toujours pas, c’est réellement flippant !

Pompiers-japon

On voit également des camionnettes munies d’un haut-parleur qui sillonnent très lentement les petites rues, soit pour récupérer des objets usagers, soit pour vendre de… l’huile de soja (très très bizarre). Au début, certains de ces véhicules nous réveillaient carrément parce qu’ils avaient la bonne idée de passer le dimanche matin à 8h… Grmff. Je vous rappelle que les cloisons ne sont pas du tout isolées, ni du bruit ni du froid. Mais depuis 2 ans, ils ont dû changer de circuit et j’apprécie !

Enfin, les moyens de transport que je préfère sont ceux des enfants. On voit souvent les tout-petits traverser les passages piétons en levant la main et en tenant de l’autre une corde afin de rester groupés, ils sont trop chou ! Mais les crèches utilisent aussi très souvent des chariots dont le modèle semble ancien ; leur charme désuet me séduit.

Transport-enfant-japon

Les enfants sont très sages dedans et en sécurité. Je vous en avais montré un pris à Hiroshima dans mon billet sur les enfants, mais juste à côté de chez moi ou de mon travail, j’en aperçois régulièrement. Kawaii, non ?

Tokyo-chariot-enfants

On peut croiser quelques excentricités : des voitures de Mario et Luigi. On peut en louer pour s’amuser dans les grandes artères de Tokyo, histoire de se prendre pour les héros de Mario Kart.

Japon-mario-luigi

Et bien sûr il existe des vélos pour chiens, que je ne vous avais pas montré dans mon billet sur ces chers toutous, et pourtant, ils valent le détour,  non ?

Transport-chiens-japon

Alors, ces moyens de transport, すごい, non ? 

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12 commentaires sur “Vélo, taxi et autres véhicules à Tokyo

  • 8 mai 2018 à 10 h 29 min
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    Très drôle les chariots pour « ranger » les enfants … mais très bonne idée 🙂
    Quant aux livreurs, bravo à eux pour tirer de telles charges !
    Les japonais utilisent-ils aussi des VTT ou autres vélos de randonnée ? et ont-ils des parcours comme nous en France ?

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    • 10 mai 2018 à 13 h 14 min
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      Ah je vois que toi aussi tu aimes ces chariots, c’est vrai qu’ils sont amusants ! Pour ce qui est des VTT, je n’en vois pas parce que je suis en ville, mais je pense qu’il y a de nombreux circuits (il en existe pour la randonnée aussi). Toutefois, il vaut mieux être un sportif entraîné parce que ça grimpe sacrément !

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  • 8 mai 2018 à 13 h 56 min
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    Oh punaise comme les gangsta babies du début m’ont tué, en mode « they see me rollin, they hatin » ! 😀
    Le violet ça doit être le caïd de la bande, faut pas le chercher !

    Pas mal non plus Mario et Luigi, à croire que Rémi Gaillard a fait des émules !

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    • 10 mai 2018 à 13 h 18 min
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      Ah toi aussi, tu as craqué pour ces gamins ! La dame qui les accompagnait m’a laissé faire la photo mais pas un ne souriait (c’est souvent le cas, je trouve, chez les bébés japonais) et maintenant que tu le dis, c’est vrai qu’on dirait des gangsta babies. N’empêche qu’ils sont trop mignons !
      Et ceux qui jouent pour de vrai à Super Mario Kart sont souvent des touristes étrangers… 😉 Ça doit être assez marrant à faire…

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  • 8 mai 2018 à 14 h 55 min
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    Il y a des modes de transports bien originaux, j’adore !!! Ils ont de bonnes idées 🙂

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    • 10 mai 2018 à 13 h 18 min
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      N’est-ce pas ? Moi, ce que je préfère, ce sont les chariots pour transporter les bébés, je trouve ça super craquant !

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  • 11 mai 2018 à 14 h 46 min
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    J’aime beaucoup l’idée qu’en ville le vélo soit utilisé en sécurité ! J’adore aussi les chariots pour transporter les bébés et petits enfants…ainsi pas de danger ! En France le système de la corde est encore utilisé dans mon petit village, par la crèche provisoire qui est un peu éloigné de la médiathèque…L’autre a juste une place à traverser 🙂 Merci pour ce reportage encore une fois très intéressant

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    • 15 mai 2018 à 14 h 11 min
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      Oh, je ne savais pas que la corde était utilisée en France, je n’ai jamais vu ça ! Je trouve l’idée très pratique et simplissime.
      Comme toi, je trouve super que l’on puisse faire du vélo en ville sans danger, ça devrait être la norme, d’ailleurs. Il faut dire que le fait de pouvoir rouler sur les trottoirs est un plus, puisqu’il y a rarement des pistes (ou encombrées par des voitures garées). Ici, même les personnes vraiment très, très vieilles font encore du vélo, c’est incroyable !

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  • 12 mai 2018 à 19 h 23 min
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    Hé hop, un petit voyage en vélo à par dessus les nuages et deux océans, très plaisant, merci Madame l’Expat.

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    • 15 mai 2018 à 14 h 17 min
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      Je m’amuse bien à écrire mes petits billets, alors si en plus ils peuvent être agréables à lire, j’en suis très contente !

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  • 19 mai 2018 à 5 h 46 min
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    La route semble très clame telle que tu la décris : sans claxons, avec ses voitures hybrides et ses vélos. Sont trop midis tout ces enfants dans les chariots.

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    • 22 mai 2018 à 6 h 16 min
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      Oui, Tokyo peut être étonnamment calme, dès lors que l’on quitte les grandes artères très touristiques. On se croirait parfois dans un petit village 😀 !
      Ah toi aussi, tu as craqué devant les bouts de chou dans leurs chariots 😉
      Belle journée Stéphanie !

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