L'apiculteur, de Maxence Fermine

J’avais beaucoup aimé Neige de cet auteur, court récit que je vous recommande vivement, que j’ai lu et offert plusieurs fois. C’est pourquoi, lorsque j’ai entendu parler de l’Apiculteur, je me suis dit que ce serait une bonne idée de relire Maxence Fermine. Je me doutais que cela parlerait d’abeilles, mais ce n’est pas tout à fait ce à quoi je m’attendais.

L’histoire raconte celle d’Aurelien Rochefer qui vit dans le sud-est de la France à la fin du XIXe siècle. Élevé par son grand-père Léopold qui produit de la lavande, le héros cherche sa voie. Il veut trouver de l’or. Il se passionne alors pour les abeilles qui fabriquent un nectar de la même couleur et décide de devenir apiculteur. Mais le destin le conduira de Provence en Abyssinie à la recherche, non pas des seules abeilles mais plus largement du bonheur.

« Pour Aurélien, la vie était une curieuse abeille d’or qui brille au loin, s’envole, se grise de parfum en parfum, se cogne aux vitraux du soleil et cherche, dans l’immensité du ciel, le nectar de sa propre fleur. »

Ce court roman m’a beaucoup fait penser à l’Alchimiste de Paolo Coelho, que j’ai lu il y a plus de vingt ans ou plus récemment par Soie d’Alessandro Baricco. C’est une sorte de récit « feel good », de conte philosophique et poétique à la fois. Il est porteur d’espoir puisqu’il montre que l’on peut toujours tout recommencer, même depuis zéro. C’est une sorte de conte initiatique qui nous permet d’assister à l’évolution d’Aurélien. Si j’ai trouvé qu’il était bien écrit, (j’adore ses phrases et leur fluidité, leur côté poétique), j’ai en revanche trouvé l’ensemble bien naïf. La quête du héros (de sa voie professionnelle, de l’amour, du bonheur) m’a semblé quelque peu candide.

« Cet homme avait de la vie une conception étrange : il pensait que l’égarement était le seul moyen de finir par se trouver, un jour. »

J’ai aimé la part onirique du récit : le passage en Afrique sur la rencontre d’une femme au pied de la falaise aux abeilles est à ce titre un beau passage. Aurélien rencontre deux sortes de personnages : d’un côté Pauline et le grand-père, qui évoquent la sagesse, le calme, ont tous deux un côté terre-à-terre qui ne suffit pas à retenir le héros parti à la recherche d’un idéal. De l’autre, le peintre et Loiseul évoquent au contraire l’aspect fantasque et poétique qui existent en chacun de nous. Et au-delà de cela, il y a la femme de la falaise, idéale et difficile d’accès… Mais j’ai regretté que l’ensemble soit si court, trop court pour que l’on ait le temps de découvrir les personnages en profondeur et de s’y attacher.

« Aurélien comprit qu’il était seul. Seul avec le vent et les pierres. Avec le désert. Avec son rêve. Il n’en éprouva aucune crainte. Cette solitude lui donnait la vraie dimension du désert. Il inspira profondément. L’horizon rouge s’étalait à perte de vue. Il était seul au milieu du désert et cela le rendait puissant. Tout, autour de lui, lui appartenait. Même le silence. »

J’ai donc été un peu déçue par ce petit roman, même si j’ai passé un agréable moment de lecture.

L’apiculteur, de Maxence Fermine

Roman paru en 2000. 198 pages chez Albin Michel, puis Livre de Poche. 

prix del Duca et prix Murat 2001

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8 commentaires sur “L’apiculteur, de Maxence Fermine

  • 26 janvier 2019 à 16 h 56 min
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    je n ai pas l habitude de lire des romans courts moi
    dommage de rester sur sa faim

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    • 31 janvier 2019 à 18 h 53 min
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      Moi j’aime bien aussi les romans courts (dit celle qui lit actuellement les Misérables de 1700 pages 😉 ). Celui-là m’a moyennement plu car je l’ai trouvé un peu naïf mais il est tout de même agréable à lire et je ne regrette pas cette lecture. De même j’adore tout ce que j’ai lu de Stefan Zweig et pourtant ses oeuvres (du moins celles que j’ai lues) sont toutes courtes, mais tellement puissantes qu’on ne reste pas sur sa faim. Mais cela peut arriver sans doute avec d’autres livres qui sont, eux, trop courts pour les apprécier vraiment. À bientôt Tania !

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  • 26 janvier 2019 à 18 h 02 min
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    J’ai lu un roman d’abeilles et ça m’a suffi pour un moment. Toutefois, comme j’aime Fermine, peut-être que je le lirai un jour.

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    • 31 janvier 2019 à 18 h 57 min
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      Je fais ma curieuse : quel roman as-tu lu au sujet d’abeilles ? S’agit-il de la nouvelle de Yōko Ogawa ?

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  • 1 février 2019 à 15 h 16 min
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    Je l’ai lu il y a déjà quelque temps « Neige » que j’avais beaucoup aimé et trouvé très poétique…mais je n’ai jamais lu celui-ci. A voir alors si tu as été déçue. Merci pour ton ressenti

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    • 18 février 2019 à 17 h 49 min
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      Moi aussi Manou, j’avais beaucoup apprécié Neige, mais là… ce n’est pas mauvais, mais c’est moins bien. Passe une bonne semaine !

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  • 12 février 2019 à 9 h 14 min
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    J’ai acheté ce roman pour mon anniversaire l’année dernière, et même si ton avis est quelque peu mitigé, je suis toujours aussi curieuse de le découvrir 🙂 Belle journée Sandra, bisous <3

    Sue-Ricette

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    • 18 février 2019 à 18 h 10 min
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      Disons que je suis d’autant plus déçue que j’avais vraiment beaucoup apprécié Neige du même auteur, mes attentes étaient donc assez élevées. Ce n’est pas un mauvais roman du tout, mais je l’ai trouvé moins bien que le précédent. Je suis curieuse de lire ce que tu en auras pensé quand tu l’auras lu. Bises et bonne semaine !

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