La princesse des glaces, de Camilla Läckberg

Cela faisait longtemps que je voulais lire La Princesse des glaces, roman qui, je crois, avait eu beaucoup de succès à sa sortie. De plus, j’avais adoré les trois premiers tomes de Millenium de Stieg Larsson (nettement moins le 4e volet de David Lagercrantz, Ce qui ne me tue pas) alors je rêvais de relire un polar suédois. C’est désormais chose faite !

Le roman s’ouvre sur la découverte du corps d’Alexandra Wijkner, dans sa maison de Fjällbacka en Suède. Il s’agissait d’une jeune femme belle, distante et secrète. Très vite, sa famille et une de ses amies d’enfance, Erika Falck, s’orientent vers un meurtre malgré une scène qui évoque plutôt un suicide. Qui a bien pu vouloir la mort de cette malheureuse ? À la demande des parents d’Alexandra, les Calgren, Erika va se pencher sur la disparue dont elle doit écrire une biographie. Parallèlement Patrik Hedström, policier et ami d’Erika, va mener son enquête.

On se rend compte qu’Alexandra cachait bien des choses à son entourage et que son mari, ses anciens amis, ne la connaissaient en fait pas si bien que cela. L’intrigue repose en effet sur des secrets de famille enfouis, des non-dits anciens que l’on va progressivement découvrir. Hélas pour moi, j’avais deviné une grande partie de ces mystères assez tôt dans le roman. Heureusement, je n’avais pas découvert l’assassin ni son mobile. J’ai donc pris un certain plaisir à terminer ma lecture.

J’ai trouvé que les personnages étaient assez développés, relativement fouillés mais pas tous crédibles. Par exemple la sœur d’Erika, Julia, lorsqu’elle vit une expérience traumatisante que je vous laisse découvrir, parvient à rire avec sa sœur immédiatement après, ce qui dans la situation est complètement inenvisageable. La relation trouble d’Anders, un peintre alcoolique, et d’Alexandra est aussi peu crédible d’après moi, même si l’on comprend à la fin ce qui les rapproche. Les autres personnages en revanche sont plutôt bien campés. Même les personnages discrets comme Henrik, le mari d’Alexandra.

« Henrik Wijkner, entrepreneur prospère à Göteborg, détenteur d’une fortune considérable en ligne directe sur plusieurs générations. Ça se voyait. Pas seulement à la qualité manifestement coûteuse de ses vêtements ou à l’odeur d’after-shave exclusif qui flottait dans la pièce, c’était quelque chose de plus indéfinissable. Une certitude évidente de son droit à une place en vue dans ce monde, résultat de ne jamais avoir eu à manquer de privilèges dans la vie. Patrik le percevait quelque peu tendu, mais il pouvait aussi sentir que Henrik estimait avoir le contrôle permanent de la situation. »

Deux mondes s’opposent, celui des riches auquel appartiennent la victime et les Lorentz d’un côté et celui des pauvres dont font partie Véra et Anders. Derrière chacun des personnages se cachent des souffrances que masque une façade hypocrite. L’intrigue de La Princesse des glaces en elle-même est assez bien ficelée. Mais le point de vue omniscient adopté ici dans la narration ne permet pas de créer un suspense haletant, ce que j’ai regretté. À certains moments, Patrik ou Erika découvrent quelque chose et le narrateur extérieur ne dit pas tout de suite de quoi il s’agit. Toutefois, je ne ressentais pas l’envie frénétique de tourner les pages comme j’ai pu le faire avec d’autres policiers que j’ai lus il y a bien longtemps déjà.

Je dirais donc qu’il s’agit d’un roman sympathique (le premier de cette autrice, je crois) bien conçu et écrit de manière simple. Mais pour moi, ce n’est pas le chef d’œuvre du siècle. Une bonne lecture, sans plus. Ce roman a pourtant obtenu deux prix, mais je dois avouer que je suis assez difficile en matière de polars. Peut-être ses derniers romans sont-ils meilleurs, n’hésitez pas à m’en conseiller d’autres en commentaire si vous en connaissez.

La princesse des glaces, de Camilla Läckberg

Roman suédois paru en 2008. 448 pages pages chez Actes Sud (collection Babel noir). 

Titre original : Isprinsessan, traduit par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain.

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9 commentaires sur “La princesse des glaces, de Camilla Läckberg

  • 6 juin 2019 à 7 h 46 min
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    C’est un roman que j’ai beaucoup aimé. D’ailleurs je crois bien qu’à part le dernier, j’ai lu petit à petit tous les titres de l’auteur 🙂

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    • 7 juin 2019 à 18 h 18 min
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      J’avoue que j’ai été un peu déçue, j’en attendais sans doute trop vu le battage médiatique. Disons que si je n’avais pas deviné une partie de l’histoire, j’aurais certainement pris plus de plaisir. Je suis assez difficile en matière de polars… 🙂

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  • 17 juin 2019 à 10 h 50 min
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    Bonjour, je ne m’en souviens plus très bien (lu en 2014 et j’ai la mémoire qui flanche …) mais j’avais noté que l’histoire « se laissait lire », mais avec « style et/ou traduction très mauvais » (à mon goût)… ; je suis très sensible au style, et j’avais également été étonnée de la très grande mise en avant de ce roman !

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    • 24 juin 2019 à 9 h 05 min
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      Bonjour Fabienne et bienvenue dans mon petit univers. Le style n’est souvent pas ce qui prime dans les polars, ce qui explique que j’en lise peu car comme toi, je suis très sensible à l’écriture. C’est un roman qui se laisse lire, c’est exactement cela. Moi non plus je ne comprends pas bien l’engouement qu’il y a eu autour de ce roman…Bonne journée et à bientôt !

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  • 1 septembre 2019 à 12 h 08 min
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    Désolé d’aggraver votre ressenti, après lecture de l’ouvrage, ce roman est le pire dans la catégorie romans de gare. Lackberg exploite depuis longtemps le filon policier venu du froid, pour une sauce réchauffée où l’incompétence narrative vous ressert les lieux communs d’un thriller dont on connaît d’avance la résolution.
    Que l’auteur écrive c’est une chose, que ses livres se vendent sur les rayons carrefour tant mieux pour elle, mais que la critique consumériste en fasse l’eloge pontifiant, c’est pitoyable, vénal et relève de l’arnaque, que le lecteur encore sain d’esprit, et pourtant sensible aux prix du marché, y trouve une raison de lire, cela devient inquiétant.
    Désolé d’être aussi violemment réactif envers un livre qui ne mérite pas une telle distinction, car bourré de poncifs, de grosses cordes dans l’intrigue et englué dans une sorte de sottise communicative par des procédés marchands. Cela rappelle la seconde et triste vie donnée à Millenium par des héritiers sans scrupule.

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    • 1 septembre 2019 à 19 h 27 min
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      Merci pour cette critique sincère et méritée, en tout cas je n’ai pas eu envie de lire un autre ouvrage de dame Camilla. J’avais aimé l’univers de Millenium et n’ai pas eu envie de me plonger dans la suite, l’histoire de l’héritage était trop triste et cela ne m’a paru en effet que mercantile !

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      • 13 septembre 2019 à 11 h 44 min
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        Moi non plus je ne lirai plus cette autrice car je pense trouver mieux ailleurs, je n’ai pas trouvé son roman suffisamment exceptionnel pour avoir envie d’en lire d’autres. J’avais adoré Millenium, j’ai lu le tome 4 parce qu’on me l’avait offert, mais je ne l’aurais jamais acheté, dégoûtée par la cupidité de celui qui a voulu prendre la suite de la saga. En plus, je l’ai trouvé bien en dessous des premiers « vrais » tomes. Et je ne lirai pas le dernier pour cette même raison.

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  • 1 septembre 2019 à 23 h 33 min
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    Ma colère peut paraître excessive. Ce qui me révolte surtout, c’est qu’après avoir lu ce livre archi nul, la critique, soit disant autorisée, en fait une réussite romanesque et manipule le lectorat.
    La chose n’est pas nouvelle, mais quand je vois la presse, par exemple sur babelio, en faire sans scrupule ses choux gras, c’est révoltant.
    Et que dire des cinq cents livres de la rentrée … il y a une marchandisation effrénée des lettres, une surproduction vénale des livres qui dessert le goût de la lecture et de l’esprit critique. Ainsi dénature t-on Millenium, ce chef d’oeuvre, pour se faire du fric que les médias s’empressent de servir cyniquement. Les nouveaux marchands du temple ont encore de beaux jours devant eux.
    Bonne soirée

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    • 13 septembre 2019 à 11 h 39 min
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      Je trouve ça assez sain de se mettre en colère 😉 Personnellement, je ne dirais pas que c’est le pire des romans. Le coma des mortels de Maxime Chattam est très largement pire dans le genre ! Et il est évident qu’avec autant de livres qui paraissent chaque année, on met certains d’entre eux sur un piédestal, sous prétexte que le nom est connu par exemple, alors que d’autres mériteraient davantage les gros titres. L’industrie du livre est devenu un business, je le déplore aussi. Heureusement, on trouve aussi parfois de belles pépites.

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