Les Misérables de Victor Hugo, Cosette

Je poursuis ma lecture des Misérables avec ce deuxième tome. J’avais adoré le premier et Victor Hugo nous laisse dans un suspense effroyable quant à l’avenir de la petite Cosette que l’on avait laissée malheureuse car maltraitée dans la première partie. Dans cet opus qui porte son nom, on la découvre davantage, ce qui va combler notre désir d’en savoir plus sur cette petite fille.

Disons-le clairement : j’ai nettement moins aimé le début de ce tome. On peut en effet regretter certaines longueurs, notamment lorsqu’il est question de la bataille de Waterloo sur de loooongues pages qui intéresseront cependant les historiens mais pas moi, et qui occupent une bonne première partie de Cosette. Il n’y a que très peu de rapport avec l’histoire principale (on y mentionne Thénardier sur une ligne et c’est important pour la suite, mais qu’est-ce que j’ai trouvé ça long !). J’avais hâte de retrouver les personnages principaux et heureusement, dans la seconde partie, on suit Cosette.

Jean Valjean est en cavale mais veut s’acquitter de sa promesse à Fantine : s’occuper de Cosette. Il la retrouve, misérable, dans la gargote des Thénardier qui sont vraiment d’odieux personnages. Il parvient à la leur reprendre et part avec elle. Toutefois il est poursuivi par Javert auquel il échappe in extremis en se réfugiant dans un couvent. Mais pour combien de temps ? Javert le retrouvera-t-il ? Comment vivre dans un endroit interdit aux hommes ? Sera-t-il découvert ? Le lecteur tourne les pages frénétiquement (même s’il connaît l’issue de l’histoire), emporté par le style de Hugo.

Après avoir dénoncé la condition des femmes, et la servitude que représente la prostitution dans Fantine, Victor Hugo s’attaque à une autre injustice. On retrouve ici en effet un thème cher à l’auteur : l’enfance. Il dénonce ici l’enfance malheureuse, comme dans son célèbre poème « Melancholia », le travail forcé de petits êtres qui ne devraient aspirer qu’à apprendre et à jouer.

« La crainte était répandue sur elle ; elle en était pour ainsi dire couverte; la crainte ramenait ses coudes contre ses hanches, retirait ses talons sous ses jupes, lui faisait tenir le moins de place possible, ne lui laissait de souffle que le nécessaire, et était devenue ce qu’on pourrait appeler son habitude de corps, sans variation possible que d’augmenter. Il y avait au fond de sa prunelle un coin étonné où était la terreur. […] rien ne dresse les enfants au silence comme le malheur. »

Quel lecteur sans cœur pourrait ne pas s’émouvoir devant la détresse de cette petite, obligée d’aller en plein hiver chercher de l’eau, seule, la nuit dans la forêt, en proie aux peurs enfantines ? On est transporté par la compassion et on espère qu’elle trouvera enfin le bonheur avec son « grand-père » Jean Valjean…

La cavale du héros et de la fillette est particulièrement bien rendue, le rythme est très enlevé, on respire à peine, j’ai lu tout ce passage quasiment en apnée 😉 On voit les choses tantôt du point de vue de Javert tantôt de celui de Jean Valjean, ce qui accroît la tension de manière incroyable.

La digression sur la vie monacale à la fin du tome m’a paru assez longue, si bien que ce deuxième tome m’a moins plu que le premier en raison de ces digressions que j’ai évoquées. Néanmoins, l’intrigue principale est toujours aussi prenante, les personnages aussi intéressants et attachants. Jean Valjean toujours aussi bouleversant d’humanité, notamment quand il offre à Cosette une poupée ou une pièce pour Noël. Il est définitivement tombé du bon côté, celui de l’humanité et de la bonté. Alors vivement la suite !

Les Misérables, de Victor Hugo

Roman paru en 1862. 1667 chez Pocket (collection Étonnants classiques).

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4 commentaires sur “Les Misérables, de Victor Hugo (partie 2 : Cosette)

  • 8 février 2019 à 16 h 13 min
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    Je suis complètement d’accord avec toi, j’ai trouvé qu’il y avait également beaucoup de longueurs dans ce tome. D’ailleurs, je t’avoue avoir lu en diagonale une vingtaine de pages concernant les préparatifs de la bataille de Waterloo. Ce n’était même pas la bataille elle-même qui était décrite, mais le champ de bataille avant, je trouve ça vraiment très ennuyeux pour moi…

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    • 18 février 2019 à 18 h 09 min
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      Pareil ! Il y a juste une ligne qui évoque Thénardier qui sauve quelqu’un et c’est un élément important pour le tome suivant, mais pfff que de pages pour cela ! Heureusement, après, ça s’améliore nettement, je n’ai plus vu le temps passer tellement j’ai été prise par l’intrigue !

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  • 24 février 2019 à 0 h 10 min
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    Les Misérables est souvent cité comme le plus grand roman francais de tous les temps, et même le plus lu à l’étranger. Or la plupart des Francais connaissent l’histoire – ce qui est déjà pas mal – sans l’avoir lu. Bravo donc pour cet exploit (à mon sens) !

    PS : bon, la bataille de Waterloo…bof bof hein 🙂

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    • 4 mars 2019 à 19 h 28 min
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      Effectivement, c’est sans doute le roman le plus connu et le plus lu à l’étranger. Quand je vivais au Japon, j’avais rencontré un monsieur d’un certain âge dans le métro qui m’avait expliqué qu’il l’avait lu deux fois (en japonais et en anglais, il ne maîtrisait pas le français) et que d’après lui, c’était le plus grand roman de tous les temps ! Le lire deux fois dont un dans une langue non maternelle, ça c’est un exploit, je suis une toute petite joueuse à côté ! 😉 Mais oui, la bataille de Waterloo… bof bof ! Cela dit, à force on commence à y prendre goût. (Je lis le tome suivant et l’aspect historique m’intéresse davantage…)

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