Les Misérables de Victor Hugo, Jean Valjean

Toutes les bonnes choses ont une fin ! Je vous présente la dernière partie des Misérables. Je ne suis pas fâchée de quitter les Thénardier, mais pour les autres ! Je m’étais attachée à Fantine, Cosette, Marius, Jean Valjean et Gavroche mais voici que leurs aventures se terminent.

Nous retrouvons les barricades et les émeutes de 1832. Les insurgés tentent de résister mais malheureusement, ils ne sont ni assez forts, ni assez nombreux. Et pourtant, ils montrent un courage sans faille ! Notre héros, Jean Valjean, s’est jeté dans la mêlée, non pour participer politiquement, mais pour sauver Marius qui souhaite mourir sous les balles plutôt que d’être séparé de Cosette.

« Cette réserve faite, et faite en toute sévérité, il nous est impossible de ne pas admirer, qu’ils réussissent ou non, les glorieux combattants de l’avenir, les confesseurs de l’utopie. Même quand ils avortent, ils sont vénérables, et c’est peut-être dans l’insuccès qu’ils ont plus de majesté. La victoire, quand elle est selon le progrès, mérite l’applaudissement des peuples ; mais une défaite héroïque mérite leur attendrissement. L’une est magnifique, l’autre est sublime. »

Malgré l’antipathie qu’il éprouve pour le jeune homme, l’ancien forçat pénètre la barricade. Et devinez qui il retrouve ? Son cher « ami » Javert ! Ce dernier avait été fait prisonnier par les insurgés et Jean Valjean propose de le tuer lui-même. C’est vrai qu’après tout ce que le limier lui a fait subir !… Toutefois, à la grande surprise du lecteur et de l’intéressé, il lui laisse la vie sauve, ce qui ne manquera pas de faire vaciller les convictions du policier…

« Un malfaiteur bienfaisant, un forçat compatissant, doux, secourable, clément, rendant le bien pour le mal, rendant le pardon pour la haine, préférant la pitié à la vengeance, aimant mieux se perdre que de perdre son ennemi, sauvant celui qui l’a frappé, agenouillé sur le haut de la vertu, plus voisin de l’ange que de l’homme ! Javert était contraint de s’avouer que ce monstre existait. »

Jean Valjean voit tomber Marius… inconscient, peut-être sur le point de mourir. L’ancien bagnard prend sur son dos le moribond et descend dans les égouts de Paris pour s’enfuir en évitant la police. Cette aventure célèbre est incroyable, d’une précision inouïe, à croire que Victor Hugo connaissait les plans des égouts par cœur ! Ça ressemble à la catabase d’Enée ou d’Orphée chez Virgile. Une véritable épopée, vous dis-je !

Là encore, le lecteur prend un plaisir certain à lire les rebondissements en tous genres. La tension dramatique est à son comble, surtout dans les dernières pages. On ne s’ennuie pas un instant, on avale les lignes sans s’en rendre compte.

Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est l’évolution des personnages. Pas celle de Cosette, que j’ai trouvée passablement gnan-gnan au fil des tomes, elle qui m’avait tant émue lorsqu’elle vivait chez les Thénardier ! Amoureuse, elle est assez insupportable de mièvrerie avec son Marius. En revanche, Jean Valjean est extraordinaire. Assister à sa rédemption est bouleversant. Quelle humanité chez Victor Hugo ! Là encore, on voit l’auteur se placer du côté des faibles, des exclus, des marginaux et on observe avec le plus vif intérêt la métamorphose de certains.

« Les femmes, les malheureuses femmes, on n’a pas l’habitude d’y songer beaucoup. On se fie sur ce que les femmes n’ont pas reçu l’éducation des hommes, on les empêche de lire, on les empêche de penser, on les empêche de s’occuper de politique ; »

Les Misérables est un roman assez étonnant, et inclassable. À la fois épique, réaliste, romantique, il tient même parfois du roman policier. Victor Hugo signe là une œuvre majeure de l’histoire de la littérature française… et mondiale ! Il ose peindre l’extrême pauvreté de certains personnages et en profite surtout pour montrer leur bonté et leur humanité, cachées sous leurs guenilles et sous l’étiquette que l’on pourrait avoir tendance à leur coller sur le front.

« Il faut bien que quelqu’un soit pour les vaincus. »

En réhabilitant Jean Valjean, c’est toute une population misérable qu’il rétablit et revalorise. C’est pourquoi, même si chacun connaît l’intrigue, il est, je crois, utile de (re)lire une œuvre aussi puissante que belle.

Les Misérables, de Victor Hugo

Roman paru en 1862. 1667 chez Pocket (collection Étonnants classiques).

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2 commentaires sur “Les Misérables, de Victor Hugo (partie 5 : Jean Valjean)

  • 11 mai 2019 à 20 h 24 min
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    D’accord avec tout ce que tu dis, et j’avoue avoir été assez émue à la fin, presque malgré moi 🙂
    Merci pour cette série de notes sur les Misérables, cela m’a fait plaisir de relire des extraits et de lire tes avis 🙂

    Réponse
    • 15 mai 2019 à 21 h 44 min
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      C’est gentil ! Moi aussi j’étais émue à la fin car Hugo a l’art de faire en sorte que ses lecteurs s’attachent à ses personnages. C’est vraiment un roman grandiose !

      Réponse

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