Quand sort la recluse, de Fred Vargas

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un polar, moi qui, pendant des années, en dévorais l’été. J’avais envie de découvrir Fred Vargas que je ne connaissais pas. J’ai choisi un peu au hasard, son dernier roman. Bien m’en a pris. Je pensais que ce polar se passerait dans l’univers de religieuses mais pas du tout…

Pour les amateurs de cette écrivaine, on retrouve le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, tiré de ses vacances en Islande par un meurtre. Mais déjouant notre attente, Fred Vargas plie l’affaire en deux temps trois mouvements pour se concentrer sur un autre cas, sacrément complexe. Plusieurs personnes âgées meurent étrangement piquées par une araignée appelée la recluse, qui est pourtant généralement inoffensive. S’agit-il de coïncidences ou… de meurtres déguisés ? Avec son équipe, Adamsberg mène son enquête.

Je préviens les arachnophobes de tout poil que ce roman est aussi pour vous. Je n’apprécie pas vraiment ce type de bestioles, mais en aucun cas je n’ai dû délaisser le livre par malaise ou crainte de ces animaux à huit pattes. Au contraire, on est pris par l’enquête qui progresse pas à pas et va nous conduire de Paris à Nîmes en passant par Pau.

J’ai aimé les personnages parce qu’ils ne sont pas caricaturaux ni exceptionnels ; les policiers sont comme vous et moi, des personnes « normales ». On les voit douter, se tromper, dissimuler, trahir, échouer, réussir etc. comme dans la vraie vie, quoi ! Le point de vue omniscient permet de suivre chacun d’eux, mais c’est surtout le commissaire dont on suit les idées et sentiments. Et justement, j’ai trouvé que Fred Vargas parvenait très bien à montrer le cheminement de pensée, les rouages de l’esprit du policier. Elle évoque à ce sujet des « bulles » qui naissent dans la tête d’Adamsberg et qu’il faut laisser venir et s’épanouir et qui soudain, prendront forme et lui permettront d’orienter son enquête pour élucider l’affaire.

« Le bain l’avait décrassé de ses pensées sombres mais il sentait, au tourbillon de neige qui lestait sa poche, que les bulles gazeuses bâillaient, s’étiraient, reprenaient peu à peu leur danse incertaine. »

J’ai aimé les variations dans l’écriture, qui tantôt est vive, réaliste dans les dialogues, tantôt se fait plus fine dans les parties de récit. J’ai aimé les jeux de mots, notamment le travail sur l’onomastique même si je sais qu’il comporte une erreur que je ne peux dévoiler ici sans vous mettre sur une piste. L’intrigue elle-même est originale et nous plonge dans un contexte difficile, voire abominable, mais sans jamais tomber dans le gore. La cruauté de certains personnages est incroyable, mais il arrive que l’on la lise dans les journaux, preuve que parfois la réalité peut hélas dépasser la fiction… C’est aussi un roman que j’ai trouvé assez féministe, mais ne connaissant pas l’écrivaine, je ne sais pas si c’est habituel chez elle. En effet, les femmes ont un rôle important et montrent une intelligence et une finesse assez remarquables. Mais je ne souhaite pas gâcher votre plaisir de lecteur en vous dévoilant la toile de fond sordide de l’histoire et me contenterai donc de vous recommander ce roman policier : allez-y les yeux fermés.

Quand sort la recluse, de Fred Vargas

Roman paru en 2017. 480 pages chez Flammarion. 

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5 commentaires sur “Quand sort la recluse, de Fred Vargas

  • 25 août 2018 à 11 h 24 min
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    Et bien je vois que tu as aimé ! Cela fait longtemps que je n’ai pas lu Vargas pourtant j’en offre souvent car c’est, si je puis dire, une valeur sûre. Si je recommence, j’en emprunterai plusieurs. Contente de te retrouver…A bientôt

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  • 25 août 2018 à 17 h 48 min
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    Merci pour l’aparté « bestioles à huit pattes », c’est bien de savoir à l’avance à quoi s’attendre !

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  • 27 août 2018 à 9 h 15 min
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    J’aime beaucoup les romans policiers moi aussi! J’ai une phobie des araignées, et une espèce de fascination également. Du coup, tu me donnes envie de lire le livre! En ce moment, je suis en plein dans Cobayes, de Robin Cook, et j’aime beaucoup!

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  • 31 août 2018 à 10 h 06 min
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    Mon Dieu tu ne connaissais pas Fred Vargas ! Je suis une fan absolue depuis que je suis tombée dedans il y a quelques années… Si tu veux en lire d’autre je te recommande ceux qui me paraissent les meilleurs : L’armée furieuse et Dans les vents de Neptune, avec un accessit très honorable pour Pars vite et reviens tard. Et un bémol pour l’avant-dernier (dont j’oublie toujours le titre, c’est dire) qui se passe en Islande, le moins convaincant de tous selon moi (mais je veux bien qu’on m’apporte la contradiction si j’ai raté quelque chose…).

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  • 4 septembre 2018 à 10 h 38 min
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    J’ai plein de Vargas qui traînent un peu partout chez moi. Je n’ai lu que Pars vite et reviens tard que j’avais adoré et du coup, je récupérais tout ce que je trouvais d’elle sans finalement avoir pris le temps de me replonger dans son univers. Tu me donnes envie d’enfin le faire !

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